Alimentation de l’hémodialysé

manger sain

Pour conserver un bon état physique en hémodialyse, il est essentiel de bien se nourrir et de conserver une alimentation variée.

Cependant, il ne faut pas ignorer que certains constituants des aliments que le rein élimine lorsqu’il fonctionne normalement peuvent s’accumuler dans l’organisme et provoquer divers problèmes de santé.

Certaines règles doivent donc être respectées par les patients, en fonction de leur état et de leurs résultats biologiques.

Le potassium (K+):

 Il s’agit d’un minéral, qui est normalement filtré par le rein, et éliminé dans les urines.

Le potassium (K+) intervient dans la contraction musculaire et en particulier celle du muscle cardiaque. La kaliémie normale varie de 3.5 à 4.5 mmol/l. L’hyperkaliémie ( K+ > 4,5) comporte un risque cardiaque.
Chez les patients au stade terminal, les reins ne fonctionnent plus et le potassium s’accumule dans le sang. Il peut provoquer des dysfonctionnements cardiaques allant jusqu’à l’arrêt cardiaque s’il y est présent en trop grandes quantités.

La dialyse permettra son élimination, mais dans la mesure où elle ne se produit que tous les deux ou trois jours, il est important d’en limiter les apports et de bien les gérer durant ce laps de temps.

Tous les aliments contiennent du potassium en plus ou moins grandes quantités, les plus riches devront être évités :

Equivalences en potassium des fruits

Equivalences en potassium des fruits

  • Les légumes secs : haricots secs, flageolets, fèves, pois chiches, lentilles…
  • Les fruits secs : raisins, pruneaux, figues, dattes, etc.
  • Les oléagineux : cacahuètes, amandes, noisettes, noix, pistaches, pignons, avocats…
  • Certains légumes frais : radis noirs, champignons crus, épinards, fenouil, bettes, endives crues, artichauts crus, mâche
  • Certains fruits : les bananes, châtaignes, noix de coco, abricots…
  • Le chocolat, le cacao et toutes les préparations chocolatées
  • Toutes les boissons instantanées : café, chicorée, etc.
  • Le beurre d’arachide
  • Le ketchup
  • Tous les aliments avec substitut de sel : sel de régime, jambon sans sel, etc. En effet, le sodium y est remplacé par du sel de potassium.

La plupart des légumes ainsi que les pommes de terre sont également riches en potassium lorsqu’il sont crus. Il existe cependant des astuces de cuisson qui permettent d’éliminer une grande part de ce potassium, et donc de les inclure dans le régime des patients hémodialysés.
Il suffit de les couper en petits morceaux puis de les cuire dans une grande quantité d’eau.

Dans le cas des pommes de terre, on peut, au préalable à la cuisson à l’eau, les faire tremper pendant quelques heures : cela diminuera encore leur taux de potassium. Rien n’empêche après la cuisson à l’eau de les accommoder comme on le souhaite, les faire dorer dans un peu de matière grasse, etc.

L’utilisation du Kayexalate peut permettre de traiter les excès ou d’élargir les régimes…

Voir la composition en potassium des principaux aliments

le phosphore:

Tout comme le potassium, le phosphore est un minéral nécessaire au bon fonctionnement de l’organisme. Avec le calcium, c’est un des principaux composants des os et des dents.

aliments phosphorés

aliments phosphorés


Il peut s’accumuler dans le sang chez les insuffisants rénaux. L’élimination rénale des surplus de phosphore est soit insuffisante soit inexistante et l’élimination par l’hémodialyse ou la dialyse péritonéale est habituellement insuffisante d’où le risque d’hyperphosphorémie (taux de phosphore dans le sang >1,5 mmol/l ou 4,5 mg/dl [1]).
Quand le taux de phosphore sanguin est élevé, il s’associe avec le calcium présent dans le sang et se dépose dans divers tissus. Les complexes ainsi formés peuvent se déposer dans les articulations, dans les muscles, les yeux, les valves cardiaques et les vaisseaux sanguins, entraînant des démangeaisons cutanées, des faiblesses musculaires, une calcification du cœur, de la peau, des articulations ou des vaisseaux sanguins.

La formation de ces complexes entraîne également une baisse du taux de calcium sanguin, et une surproduction d’hormone parathyroïdienne. Cette hormone, produite par les glandes parathyroïdiennes (localisées dans le cou), va permettre à l’organisme de compenser le déficit en calcium en allant en puiser directement dans les tissus osseux.
Ainsi, les os sont peu à peu affaiblis et décalcifiés et des fractures ou des déformations osseuses peuvent se produire.
Un des moyens pour limiter la production d’hormones parathyroïdiennes est de fournir à l’organisme de la vitamine D. Si cela ne suffit pas, les glandes parathyroïdiennes peuvent être retirées chirurgicalement.

Le phosphore est présent en grandes quantités dans tous les produits laitiers, leslégumes secs, les abats, les poissons,

les crustacés et coquillages, les œufs, lescharcuteries industrielles (jambon, pâtés, saucissons…) en raison de la présence d’un conservateur à base de phosphore…

En fonction du taux de phosphore présent dans le sang, certains de ces aliments pourront être à consommer de façon limitée. Il est aussi conseillé de préférer le pain blanc et le riz blanc aux céréales complètes.

Certains médicaments (chélateurs de phosphore) pris au moment des repas diminuent l’absorption intestinale du phosphore et permettent donc d’élargir les quantités d’aliments riches en phosphore.

Il existe 3 catégories de chélateurs pour diminuer l’absorption du phosphore dont le choix dépend de plusieurs paramètres dépendant de la situation de chacun : 

  • ceux qui contiennent du calcium : acétate et carbonate de calcium (Calcidia, eucalcic, etc.)
  • ceux qui sont à base de métaux : aluminium (Lithiagel), carbonate de lanthane (Fosrenol)
  • ceux qui sont sans métal et sans calcium : sevelamer (Renagel)

Voir la composition en phosphore des principaux aliments

L’eau:

L’eau est un des composants principaux des aliments et des boissons.
Une alimentation variée et équilibrée apporte naturellement de l’eau.

Lorsque les reins ne fonctionnent plus, l’eau ne peut plus être éliminée. Elle s’accumule dans les tissus de l’organisme, provoquant des œdèmes (principalement dans les chevilles et sous les yeux) allant parfois jusqu’à l’œdème pulmonaire.
L’hémodialyse corrige cette accumulation à condition que les apports entre deux séances soient modérés.

Entre deux séances de dialyse, la prise de poids (qui traduit principalement l’accumulation de l’eau dans l’organisme, et reflète donc les apports

boire sans mesure

boire sans mesure

depuis la dernière séance) ne doit pas dépasser 5% du poids du corps.

Il existe une relation entre le volume de boissons et le volume uriné :

S’il existe une diurèse résiduelle :
Volume de boissons / jour = volume uriné +1/2 l /jour

Si anurie :
Volume de boissons / jour = 1/2 l /jour

Ces restrictions en liquide peuvent être très difficiles à respecter, car on ne boit pas « à sa soif ». Certaines astuces peuvent aider à limiter la sensation de soif, par exemple manger peu salé et peu sucré et sucer des glaçons (qui désaltèrent malgré un faible volume de liquide).

Le sel:

Il y a deux raisons principales qui peuvent conduire à l’établissement d’un régime pauvre en sel : l’existence d’une hypertension, qui est

Sel danger

Sel danger

relativement fréquente chez les hémodialysés, et la restriction en eau, puisque le sel donne soif.

Concrètement, il s’agit de cuisiner sans sel, de ne pas rajouter de sel aux aliments, d’éviter les aliments salés, de consommer du pain sans sel.

Les aliments les plus salés sont les charcuteries (jambon cuit et cru, saucisson, saucisses, pâtés…), les fromages, les coquillages, les conserves, les plats cuisinés industriels, les potages industriels, les biscuits à apéritifs, les olives, le viandox, les cubes aromatiques pour bouillon, sauce de soja, Nnoc man, les jus de tomates et jus de légumes et de nombreux autres produits industriels.

Les aliments modérément salés sont le pain, les biscottes, les gâteaux secs, les jus de fruits en boîte ou en bocaux, les pâtisseries du commerce.

Voir la composition en sodium des principaux aliments

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Guide diététique du dialysé

Guide diététique du dialysé


Ce « Guide diététique de l’insuffisant rénal, de l’hémodialysé, du dialysé péritonéal et du transplanté », à la fois très complet et très accessible, est disponible dans son intégralité sur le site de la Société de Néphrologie.

Attention toutefois : rien ne vaut les conseils de votre néphrologue et/ou de votre diététicien(ne) ! Encore une fois, chaque cas est particulier !

RENIF (coordination des réseaux de néphro d’Ile de France) a conçu une fiche destinée à aider les médecins à mieux conseiller leurs patients dans le cadre d’un régime alimentaire adapté à l’IRC. Télécharger