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Sortir impérativement de la
spirale de l'hémodialyse |
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30 000 insuffisants rénaux
chroniques à l'horizon 2015 |
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Nissa Hammadi |
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Liberté : 12 - 03 - 2011 |
Sur 14 000 patients en dialyse actuellement,
0,05 patient greffé en un quart de siècle et
aucun prélèvement de rein sur un cadavre.
Quel est l'état des lieux du traitement de
l'insuffisance rénale chronique en 2011 ? En
chiffres, cela donne 16 000 patients traités
ces trente dernières années, 14 000 d'entre
eux sont actuellement dialysés. Depuis 1986,
date de la première greffe rénale, à ce
jour, 700 greffes ont été réalisées. Soit en
moyenne 25 transplantations par an. Ce qui
donne, sur 14 000 patients en dialyse
actuellement, 0,05 patients greffés en un
quart de siècle et aucun prélèvement de rein
sur un cadavre.
Et pourtant, la dialyse est une pratique
médicale beaucoup plus coûteuse que la
transplantation rénale. Un simple aperçu :
10 ans de dialyse coûtent 100 ans de greffe,
frais de Cnas, Casnos et prise en charge
médicale inclus. “Comment sortir du
tout-hémodialyse, de la prévention à la
transplantation ?” était le thème d'une
conférence nationale organisée, jeudi, à
l'institut Pasteur de Dély Ibrahim, par le
service de néphrologie de l'hôpital
Professeur Nefissa-Hamoud, ex-Parnet, à
l'occasion de la Journée mondiale du rein.
Selon des données récentes, 3 500 à 4 500
nouveaux cas s'ajoutent, chaque année, aux
14 000 patients déjà pris en charge. À ce
rythme, 30 000 patients insuffisants rénaux
seront diagnostiqués en 2015, et ce, en
tenant compte du taux annuel de 5% de mort
naturelle chez les patients déjà soignés.
Membre fondateur de la Société algérienne de
néphrologie, membre de la Société
internationale de néphrologie et directeur
de la clinique Maison du rein de Palm Beach,
à Staouéli, Alger, le professeur Salah
estime que “dans un tel contexte, le nombre
de nos dialysés serait alors supérieur à
celui des pays européens développés, alors
même que leur population est deux fois
supérieure à la nôtre, l'espérance de vie
varie de 75 à 82 ans et leur produit
intérieur brut 10 fois plus important. L'âge
moyen des dialysés en Algérie est de 40 ans
alors qu'il est de 70 ans pour les
Européens. Ces trente années de différence
sont difficiles à expliquer en principe, en
2011”. Ce doyen des néphrologues algériens
recommande un diagnostic précoce des
maladies rénales et de tous les autres
problèmes de santé, tels que le diabète et
l'hypertension artérielle, pouvant déteindre
sur le fonctionnement du rein, d'établir un
registre national de néphrologie et une
carte sanitaire permettant une évaluation
exacte de la demande en soins ainsi que
l'ouverture de façon adaptée des structures
de traitement publiques ou privées. Car,
comme le relève, à juste titre, le docteur
Kerouaz, il y a actuellement une mauvaise
répartition géographique des centres de
dialyse qui se concentrent dans certaines
régions du pays, alors que d'autres en sont
dépourvues, contraignant les patients à des
déplacements éprouvants et onéreux et à se
contenter parfois d'une seule séance de
dialyse par semaine. De simples malades et
des membres d'associations d'insuffisants
rénaux que le professeur Haddoum, chef de
service de néphrologie de l'hôpital ex-Parnet,
a tenu à voir leur participation à cette
rencontre afin de leur permettre de
s'exprimer sur les problèmes qu'ils
rencontrent dans le cadre de leur prise en
charge, ont tous relevé une certaine lenteur
dans la concrétisation des programmes de
greffes rénales. “La transplantation
d'organes n'est pas une activité sismique, à
renouveler de temps à autre”, martèle le
professeur Haddoum qui indique que sur 14
000 dialysés en Algérie, près de 20% sont
des candidats à une transplantation rénale,
soit près de 3 000 patients en attente
d'être transplantés.
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